Vladislav Kozhukhin

Lundi 20 février 2012

Vladislav Kozhukhin
Franz-Joseph Haydn, Sonate N°13 en sol majeur Hob XVI.6
César Franck, Prélude, choral et fugue en si mineur M 21 (1884)
Franz Liszt, Scherzo et marche s 177 (1851)
Rodion Chtchedrine (1932) Première Sonate

Le programme du concert de Musée en musique du dimanche 4 décembre 2011 a été joué à l’auditorium du Louvre le 1er décembre 2011, il a été enregistré par France Musique qui le diffuse lundi 20 février à 14h, à réécouter ensuite pendant 30 jours sur la page du Concert de l’après-midi.

Brigitte Engerer

Jeudi 9 février 2012

Tchaïkovsky Album pour enfants op. 39
Liszt Bénédiction de Dieu dans la solitude
Schumann Carnaval op. 9
En bis : 3 pièces de Scriabine, le Rossignol d’Alabiev transcrit par Liszt, la fée Dragée de Tchaïkovski, la polka italienne de Rachmaninov et le nocturne posthume en do dièse mineur de Chopin.

D’où me vient, ô mon Dieu ! cette paix qui m’inonde ?
D’où me vient cette foi dont mon cœur surabonde ?
A moi qui tout à l’heure incertain, agité,
Et sur les flots du doute à tout vent ballotté,
Cherchais le bien, le vrai, dans les rêves des sages,
Et la paix dans des cœurs retentissants d’orages.
A peine sur mon front quelques jours ont glissé,
Il me semble qu’un siècle et qu’un monde ont passé;
Et que, séparé d’eux par un abîme immense,
Un nouvel homme en moi renaît et recommence.
Alphonse de Lamartine — Harmonies poétiques et religieuses

C’est une fille de 4 ans qui commence ses études musicales et grimpe sur scène à 6 ans pour donner son premier concert ; à 11 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle obtient à 15 ans un premier prix de piano, première nommée à l’unanimité, et devient l’année suivante lauréate du concours Marguerite Long. À 17 ans, c’est le grand saut vers l’inconnu : cette native de Tunis part étudier au Conservatoire de Moscou.
« Brigitte Engerer est l’une des pianistes les plus brillantes et les plus originales de sa génération. Son jeu se caractérise par son sens artistique, son esprit romantique, son ampleur. La perfection de sa technique, ainsi que par une science innée d’établir le contact avec l’auditoire. » Celui qui parle ainsi, Stanislas Neuhaus, a été son professeur pendant cinq ans. Les leçons de ce grand maître et magnifique pianiste la marqueront de façon indélébile et influenceront toute sa carrière et sa pensée musicale. Lauréate du Concours Tchaïkovski et du Concours Reine Elisabeth, elle est repérée en 1980 par Herbert von Karajan qui l’invite à jouer avec l’Orchestre Philarmonique de Berlin. À la suite de cela, Daniel Barenboïm la fait jouer avec l’Orchestre de Paris et Zubin Mehta avec le New York Philharmonic Orchestra. Commence alors une carrière internationale de tout premier plan avec des débuts éclatants à Berlin, Paris, Vienne, New York où elle triomphe au Carnegie Hall et sera invitée par les orchestres les plus renommés.
Mais Brigitte Engerer aime aussi partager et ne conçoit pas sa vie de pianiste sans la musique de chambre. Avec des partenaires comme Boris Berezovski, Olivier Charlier, Henri Demarquette, David Geringas, Alexander Kniazev, Gérard Caussé ou encore Laurence Equilbey, elle tisse des liens forts et si intimes que la musique entre eux semble jaillir spontanément, pour le plus grand bonheur du public, notamment lors du Festival Pianoscope qu’elle organise à Beauvais chaque mois d’octobre depuis 200ô.
Tout au long de sa carrière, elle a gravé nombres de disques dans de prestigieuses maisons de disques comme Philips (Carnaval op. 9 et Carnaval de Vienne de Schumann, Grand prix du Disque), Denon, Warner (L’invitation au Voyage avec Henri Demarquette, Choc du Monde de la Musique et Hymne à la nuit RTL d’Or.)
Une inlassable quête de la vérité musicale à laquelle elle apporte la somme de ses talents. Infaillibilité des doigts, instabilité des sentiments, entre ces deux pôles Brigitte Engerer joue les équilibristes. À la perfection : c’est une artiste.
Brigitte Engerer est Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier du Mérite et Commandeur des Arts et Lettres, membre-correspondant de l’Institut de France (Académie des Beaux-arts) et Victoire d’Honneur aux Victoires de la Musique Classique 2011.

Yiddishland

Jeudi 26 janvier 2012

Ensemble Musique Oblique

Richard Schmoucler et Martial Gauthier, violons
Vinciane Béranger, alto
Diana Ligeti, violoncelle
Maria Belooussova, piano
Rémi Lerner, clarinette

Prokofiev Ouverture sur des thèmes juifs pour clarinette, piano et quatuor à cordes
Bruch Kol nidrei, pour alto et piano
Chostakovitch Trio avec piano op. 67
Bloch Nigun, pour violon et piano
Golijov The Dreams and prayers of Isaac the Blind, pour clarinette et quatuor à cordes

Yiddishland : Littéralement, territoire du yiddish. Le Yiddish – de l’adjectif allemand jüdisch, juif – est la langue des communautés juives d’Europe centrale et orientale. Après la tragédie du XXe siècle, que reste-t-il des juifs d’Europe et de leur culture ? Rien ou presque. Ce presque rien est pourtant la clef d’un univers aussi vaste que méconnu. Il inspire Osvaldo Golijov (né en 1960), compositeur en quête d’un klezmer imaginaire, sur les traces du génie de ses aînés Prokofiev, Bloch et Chostakovitch. The
dreams and prayers of Isaac the blind — les rêves et les prières d’Isaac l’aveugle, le plus grand rabbin cabaliste de Provence du XIIe siècle — est une sorte de poème épique, une histoire des 6000 années de judaïsme.

Jean-François Zygel

Jeudi 19 janvier 2012

Variations sur Franz Schubert
Concert d’interprétation et d’improvisation

Après Bach et Beethoven, Jean-François Zygel choisit Schubert comme terrain d’escalade pour un concert où le répertoire côtoie l’improvisation. Les Variations sur Franz Schubert sont un nouveau coup de pioche porté à l’image stéréotypée de la musique classique : « Il faut évoluer. Auparavant, on allait au concert pour connaître les œuvres. C’était le seul moyen de découvrir un compositeur.
Aujourd’hui, grâce à l’enregistrement, nous avons tout le répertoire à disposition. Il faut donc repenser tout cela. »*

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Photos d’Adine Arnaud

Fédor Roudine invite… Gleb Koroleff

Jeudi 12 janvier 2012
Les Midis en musique
Fédor Roudine, violon
Gleb Koroleff, piano

Debussy Sonate n°3 pour piano et violon en sol mineur
Saint-Saëns Havanaise opus 83
Franck Sonate pour piano et violon en la majeur
Waxman Carmen Fantasie

avec le soutien de Pascal Lavigne, luthier
lavigne

Pour sa deuxième carte blanche, Fédor Roudine invite le très prometteur Gleb Koroleff, un bel atout pour interpréter des œuvres pour violon et piano de Debussy,Saint-Saëns, Franck et Waxman.
Les deux jeunes musiciens réussissent à accorder dans un même programme quatre compositions aux caractères bien différents. Ils entament la partie avec la Sonate n°3 en sol mineur de Claude Debussy, dont ils effacent rapidement le pathétisme par une transcription langoureuse de la magistrale Havanaise composée par Camille Saint-Saëns, changent la donne grâce à l’ingéniosité de la Sonate en
la majeur de César Franck, et achèvent le tour de table dans la frivolité sensuelle de Carmen, revue par Franz Waxman.

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Babar le petit éléphant

Samedi 10 décembre 2011
Concert de Noël : Babar le petit éléphant

d’après le conte de Jean de Brunhoff, sur une musique de Francis Poulenc.

Valeria Altaver, soprano et comédienne
Christine Fonlupt, piano

Francis Poulenc (1889 – 1963)
Mélancolie pour piano
Chansons pour enfants :
« Nous voulons une petite sœur »
4e nocturne : le bal fantôme pour piano
La courte paille pour soprano et piano, poèmes de Maurice Carême :
1. le sommeil
2. quelle aventure !
3. La reine de cœur
4. Ba Be Bi Bo Bu !
3e novelette pour piano
La courte paille pour soprano et piano :
5. Les Anges Musiciens
6. Le carafon
7. Lune d’avril
2e novelette pour piano
L’histoire de Babar pour piano et récitant
Improvisation n°15 : Hommage à Édith Piaf pour piano

avec les Musidauphins et le CE Schneider electric de Grenoble
avec le service animation de la Ville de Grenoble
avec la boulangerie-pâtisserie Bourbon
avec le partenariat de Teisseire

tesseire

Diaporama

Vladislav Kozhukhin

Dimanche 4 décembre 2011

Haydn Sonate en sol majeur, Hob. XVI.6
Franck Prélude, choral et fugue en si mineur
Liszt Scherzo et Marche S 177
Tchaïkovski / Noack Ouverture de Roméo et Juliette
Chtchedrine Première sonate

Musée en musique et l’auditorium du Louvre s’unissent pour accueillir de jeunes musiciens de tous horizons, à l’aube d’une carrière internationale. Pour ce premier concert, vous découvrirez le jeune pianiste Vladislav Kozhukhin.

Élève de Dimitri Sashkirov à l’école de musique Reina Sofia de Madrid (comme son frère aîné, Denis, que Musée en musique accueillera en avril 2012), Vladislav Kozhukhin perpétue la tradition des grands pianistes russes dans la lignée de Guilels ou de Richter. Il interprète un programme riche et énergique, tout en mouvement, avec une sonate de Haydn avec son adagio élégiaque, une œuvre de Franck au prélude anxieux mais à la fugue resplendissante, une composition « sauvage » de Liszt et deux surprises virevoltantes de Chtchedrine et Tchaïkovski.

Pierre-Laurent Boucharlat

Jeudi 17 novembre 2011
Bicentenaire de la naissance de Liszt

Pierre-Laurent Boucharlat

Liszt
La vallée d’Obermann
Ballade n°2
Sonnet 104 de Pétrarque
Après une lecture de Dante


À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Franz Liszt, le pianiste Pierre-Laurent Boucharlat brosse un portrait du compositeur hongrois, tout en élégie et énergie.

Pour rendre hommage à Liszt, Pierre-Laurent Boucharlat a choisi d’interpréter quatre des œuvres les plus romantiques du compositeur. Il l’esquisse d’abord avec la Vallée d’Obermann, un exemple de la transfiguration des thèmes et de la richesse des différents timbres du piano. Puis, il fixe Liszt sur sa toile avec la deuxième Ballade, d’une composition contrastée fortement influencée par Chopin. Le pianiste donne définitivement le ton avec le Sonnet 104 (en mi majeur) de Pétrarque, dont les accords essoufflés et l’adagio languissant luisent d’une harmonieuse instabilité. Vient alors la touche finale, l’épopée fulgurante d’Après une lecture de Dante, où Pierre-Laurent Boucharlat mélange parfaitement le gémissement du premier thème et la plénitude du second dans un ultime éclat furieux aux prolongements étranges.

« Un artiste complet dont le jeu remarquable atteste de qualités humaines rares (…) Pierre-Laurent Boucharlat est totalement habité de la musique qu’il offre (…) On sent une phénoménale concentration et surtout le souci d’être le fidèle intermédiaire entre l’auteur et le public. Ceux qui l’ont vu et entendu (…) ne sont pas prêts de l’oublier. » Piano le magazine

Le sonnet 104 de Pétarque

Pace non trovo, e non ho da far guerra,
E temo, e spero, ed ardo, e son un ghiaccio:
E volo sopra ‘l cielo, e giaccio in terra;
E nulla stringo, e tutto ‘l mondo abbraccio.

Tal m’ha in priggion, che non m’apre, né serra,
Né per suo mi ritien, né scioglie il laccio,
E non m’uccide Amor, e non mi sferra;
Né mi vuol vivo, né mi trahe d’impaccio.

Veggio senz’occhi; e non ho lingua e grido;
E bramo di perir, e cheggio aita;
Ed ho in odio me stesso, ed amo altrui:

Pascomi di dolor; piangendo rido;
Egualmente mi spiace morte e vita.
In questo stato son, Donna, per Voi.


Je ne trouve point de paix et je n’ai pas à faire de guerre ;
et je tremble et j’espère, et je brûle, et je suis comme une glace.
Je vole au-dessus des cieux et je rampe sur terre ;
je n’étreins rien et j’embrasse le monde entier.

Celle qui me tient en prison, ne m’ouvre ni ne me ferme la porte ;
elle ne me retient point dans ses liens, ni ne m’en délivre ;
Amour lui-même ne veut ni me tuer, ni briser mes fers ;
ni m’avoir en vie, ni me tirer de peine.

Je vois sans yeux ; je n’ai pas de langue et je crie ;
je souhaite mourir et je réclame aide ;
et je me hais moi-même, et j’aime autrui.

Je me repais de douleur ; je ris en pleurant ;
la mort et la vie me déplaisent également.
Voilà, madame, en quel état je suis à cause de vous.

traduction de Francisque Reynard