Musique française du XXe siècle

Jean Françaix Trio pour clarinette, alto et piano
Rhapsodie pour alto et piano
Francis Poulenc Sonate pour clarinette et piano
Thierry Escaich Trio américain

Pierre Dubier, clarinette
Anne-Geneviève Lemarchand, alto
Daniéla Mizzi, piano
avec le CRR de Grenoble
Ces trois musiciens, tous professeurs au Conservatoire de Grenoble, jouent ensemble depuis de nombreuses années un répertoire très varié. Pour ce concert, ils proposent une sélection de musique française du XXe siècle. Tout d’abord deux œuvres de Jean Françaix dont le classicisme charmeur, les raffinements de l’écriture et l’élégance innée sont les traits dominants. Ignorant superbement tous les combats d’avant-garde, voici un musicien qui, à l’instar de son ami Francis Poulenc, aura écrit de la musique « pour faire plaisir ». Poulenc quant à lui aura confié ses plus belles pages aux instruments à vents, manifestant pour leurs sonorités chaudes et sensuelles une certaine prédilection. La Sonate pour clarinette et piano, publiée de manière posthume en 1963, en est la dernière preuve. Pour clore ce programme, le Trio américain, publié en 1990, est une œuvre du compositeur Thierry Escaich, figure majeure de la scène musicale contemporaine et également organiste sur les scènes du monde entier. Un programme à savourer avec « le don le plus fécond que puisse posséder un artiste : la curiosité »
(Maurice Ravel à propos de Jean Françaix)

Un pont vers l’expressionnisme

Déambulation musicale dans les salles de l’exposition Die Brücke
Lundi 30 avril et du mercredi 2 au samedi 5 mai 2012

breves 2012
Au tout début du siècle dernier, des poètes, des peintres et des compositeurs s’émancipent de l’ordre social et esthétique établi : ainsi que l’écrit Georg Trakl, « les signes de la nature et ceux de l’âme se confondent dans les métaphores absolues et le noir délire des images ».
Comme des reflets sonore, un choix de Lieder et des pièces chorales d’Alma Mahler, Arnold Schoenberg, Alban Berg, Anton Webern, Paul Hindemith, Wolfgang Rihm, Friedrich Nietzsche (Das Zerbrochene Ringlein, mélodrame pour récitant et violon) et Gottfried von Einem ponctuent cette déambulation … (plus la sonate n°2 pour violon seul de Hindemith, 6 petites pièces pour piano de Schoenberg) et des textes de Georg Heym et Stefan George).
Les interprètes de ce programme insolite et délicat qui chemine au gré des tableaux de l’exposition, sont des élèves des classes de chant, de violon et de la classe d’accompagnement du Conservatoire de Grenoble.


Diaporama

Conception et suivi du projet : Marine Margot

Chant : Marlen Mendoza / Marine Margot / Anaïs Yvoz / Oriane Marck / Agnès Haond / Emma Rieger / Baptistine Mortier / Sara Schielke
François Zecconi / Ian Cerles / Stéphane Laumonier / Markus Hetzler / Marc Daniel
Violon : Sara Schielke
Piano : Oriane Marck / Eva Bastias
Ainsi que Sylvie Ducas, Sébastien Jaudon, Laurence Garcin

Classes de chant de Cécile Fournier / Nadia Jauneau-Cury / Chrystèle Chovelon
Classe de violon de Corinne Pothier-Denis
Classe de direction de chœurs de Maud Hamon-Loisance
Accompagnement et classe d’accompagnement Sylvie Ducas / Laurence Garcin / Sébastien Jaudon

Jacob Koranyi-Denis Kozhukhin

Dimanche 29 avril 2012
MUSÉES EN MUSIQUE avec l’auditorium du LOUVRE

Jacob Koranyi, violoncelle
Denis Kozhukhin, piano


Henri Dutilleux 3 strophes sur le nom de Sacher
Franz Liszt Harmonies du soir (étude n° 11 des Douze études d’exécution transcendante S. 139)
Claude Debussy Sonate en ré mineur
Ernest Bloch Prière (extrait de De la vie juive)
Johannes Brahms Sonate n°1 en mi mineur op. 38

Tous deux récompensés par les concours les plus prestigieux — Concours Rostropovitch en 2009 pour le violoncelle, concours Reine Élisabeth en 2010 pour le piano — ces jeunes artistes, en chemin vers une carrière internationale, nous promettent un concert magnifique. Le violoncelle est à l’honneur dans ce programme de choix.
La concert commence de manière résolument moderne avec l’œuvre de Dutilleux dédiée au grand mécène suisse de la musique contemporaine Paul Sacher, trois strophes sur le nom de Sacher.
Harmonies du soir nous plonge dans une atmosphère songeuse et introspective. par ses sonorités profondes et chatoyantes, c’est comme un poème qui nous invite à la contemplation.
Mélange de poésie mélancolique et d’humour sarcastique, la sonate de Debussy, qu’il pensa un moment intituler « Pierrot fâché avec la lune » , donne de nouveau le beau rôle au violoncelle, le piano en étant l’accompagnateur. Puis le piano cède la place au violoncelle solo.
Avec la Prière de Bloch, extrait du cycle « De la vie juive », le temps s’arrête. Il y a quelque chose qui parle directement au fond de l’âme dans la supplication délicate de l’instrument.
La sonate n°1 en mi mineur, dite pastorale, est un hommage absolu à cet instrument dont les sonorités amples et chaleureuses semblent accordées tout naturellement à l’expression brahmsienne. Simplicité, fraîcheur et spontanéité sont les lignes directrices de cette belle partition.

Le concert donné à l’auditorium du Louvre le 26 avril est à écouter sur France Musique le 25 mai à 14 heures.

Quintette de Paris

Jeudi 26 avril 2012

Fédor Roudine invite…
Le Quintette des Virtuoses de Paris

Fédor Roudine, violon
Benjamin Brandeleer-Ligier, violon
Jean-Baptiste Aguessy, alto
Noé Natorp, violocelle
Jean-Baptiste Doulcet, piano

Rachmaninov Trio élégiaque en sol mineur
Franck Quintette avec piano

Pour la troisième fois de la saison, le jeune violoniste Fédor Roudine sera sur la scène de l’auditorium avec de nouveaux invités. Fondé en 2010 sous l’impulsion de plusieurs musiciens issus des meilleurs conservatoires parisiens, les Virtuoses de Paris sont un ensemble instrumental à géométrie variable capable de jouer tous les répertoires avec passion, rigueur, bonne humeur et professionnalisme.
D’abord en formation trio, ils interprèteront Rachmaninov et son trio élégiaque n°1, créé en 1892, dans lequel le piano sonne comme un glas et bat comme un tambour, prolongé par la recherche vocale des cordes. Puis le quintette de Franck, souvent considéré comme le premier grand quintette de la littérature musicale française, nous donnera à entendre ce que Debussy reconnût comme de la « vraie musique » !
Morceau monumental par la diversité de son contenu expressif et par la complexité de sa construction, il y règne une puissance sonore évoquant celle de l’orchestre.

Avec le soutien de Pascal Lavigne, luthier

Une journée au musée

Dimanche 1er avril 2012

Dans le cadre de l’exposition
« Die Brücke, 1905-1914. Aux origines de l’expressionnisme »

Ciné-concert : Le cabinet du Docteur Caligari de Robert Wiene (1920)

Jean-Philippe Isoletta, piano
Jean Serroy, présentation
caligariDans une fête foraine, vers 1830, le docteur Caligari exhibe Cesare, un somnambule. Celui-ci prédit à un étudiant, Alan, qu’il vivra jusqu’à l’aube. Il est en effet assassiné dans son lit… Précurseur du film d’horreur et du thriller psychologique, Le Cabinet du Docteur Caligari est le récit cauchemardesque de la divagation d’un fou. Dans une atmosphère ambiguë, à la fois onirique et inquiétante, le piano de Jean-Philippe Isoletta incarne des personnages complexes évoluant dans un décor théâtral entièrement façonné par l’esprit et la main de l’homme. Dans ce film expressionniste par excellence, tous les éléments concordent pour faire perdre pied au spectateur : de retournements de situation en rebondissements, les personnages ne sont jamais ce qu’ils paraissent être et la réalité devient un concept bien flou. Rapidement on ne sait plus qui est qui et qui fait quoi, mais on reste suspendu à cette œuvre moderne, surprenante et percutante qui nous ouvre les horizons vertigineux de la folie.

Présentation illustrée à deux voix de l’exposition

Cécile Brilloit, chargée d’expositions
Bernadette Lespinard, musicologue
En révolte contre la société bourgeoise allemande, les artistes du début du XXe siècle expriment avec force ce qu’ils ressentent comme un « malaise de la civilisation ».
L’outrance des couleurs, la violence des traits et des lignes brisées, trouvent leurs équivalents dans un vocabulaire musical renouvelé. Cette esthétique marquera aussi les débuts du cinéma fantastique.

Concert

pierrot lunaire
Alban Berg Sonate pour piano opus 1
Alban Berg 4 pièces pour clarinette et piano opus 5
Arnold Schoenberg Pierrot Lunaire opus 21

Nadia Jauneau-Cury, soprano
Vincent Guillot, flûte traversière et piccolo
Pierre Dubier, clarinette et clarinette basse
Catherine Arnoux, violon
Anne-Geneviève Lemarchand, alto
Jean-Sébastien Barbey, violoncelle
Sandra Chamoux, piano
Avant Schoenberg, son disciple, Alban Berg. Si les 4 pièces constituent un jalon fondamental du répertoire du XXe siècle pour clarinette, la sonate pour piano est solidement ancrée dans la tradition la plus classique et dans un esprit encore éperdument romantique. L’œuvre comporte un seul mouvement et dure une dizaine de minutes : un concentré d’inspiration, d’une richesse musicale inouïe. Elle offre à l’auditeur la meilleure introduction à la musique de Berg en livrant, sans résistance, tous ses secrets.
Le Pierrot Lunaire de Schoenberg est souvent considéré comme son œuvre la plus emblématique, celle qui eut le plus de succès aussi bien au niveau du public que de ses confrères (Ravel, Stravinsky, Milhaud…). Sous le choc initial que procure l’audition du Pierrot Lunaire, il y a un fond de tradition caché. Schoenberg utilise des formes dites archaïques. L’impact émotionnel de cette œuvre demeure dans son mélange de théâtre et de sons inouïs, tant l’orchestration est géniale et le climat étrange et singulier. Très en avance sur son temps, préfiguration du Berlin à venir, le Pierrot Lunaire est déjà partie prenante des années sauvages de 1920 à 1930. Il mêle le spectacle, la musique nouvelle, la dérision, le tragique. Au cœur de révolutions picturales en marche (cubisme, expressionnisme…), cette partition est tout entière couleurs et émotions. Une musique qui aura changé beaucoup de choses…

Lise de la Salle

Jeudi 29 mars 2012

Schumann Fantaisie opus 17
Chopin 24 préludes opus 28
en bis : un extrait des Scènes d’enfants de Schumann, La danse de Puck de Debussy.
Diaporama
« Éblouissante distinction, éclat, poésie, charme, passion de communiquer par la musique [...]
On voudrait croire, le cœur battant, à un miracle »
W. Schreiber, Süddeutsche Zeitung
Du haut de ses 24 ans, Lise de la Salle sait déjà ce que grandeur, sérieux, noblesse, signifient. Elle ne veut ni aveugler, ni éblouir. Elle veut être elle-même. Ce qui veut dire : concentration sur l’essentiel. Un univers pianistique fait d’impondérable et de plénitude à la fois. Son toucher léger, presque en filigrane, fait d’elle une interprète retenue et discrète, tout en finesse. Parfaite équilibriste, toujours sur le fil entre l’audace et la mesure, sa virtuosité et ses prouesses techniques ne sont qu’instruments au service de l’émotion. Rien là d’une subjectivité débridée, mais une approche réfléchie et loyale, fidèle à la partition et à elle-même. Jamais naïve ou enfantine, Lise de la Salle est toujours intelligente et claire.

Ciné-concert

Mercredi 29 février 2012

Jean-Philippe Isoletta piano

Pour épater les poules, Charley Bowers, 1925
Bricolo, héros lunaire et inventeur loufoque campé par Bowers, invente l’œuf incassable. La machine que ce dernier met au point dans la grange de son beau-père est à l’image de la fantaisie déployée par Bowers : d’une complexité absolue et d’une beauté toute surréaliste. Il en va ainsi de cette fameuse machine à rendre les œufs incassables, totalement irréelle et dont les centaines de rouages anticipent avec 30 ans d’avance les machines folles de Tinguely. Belle introduction au monde absurde et poétique de Bowers, Pour épater les poules est un film étrange et qui ne ressemble à rien d’autre qu’aux films suivants de Bowers. Ici, les frontières entre le vivant et le mécanique n’existent plus, au point qu’un panier d’oœufs frais puisse donner naissance à des centaines de voitures minuscules à la vie débordante… Bienvenue chez Charley Bowers !

Malec forgeron, Buster Keaton, 1922
Un maréchal ferrant costaud et brutal arrive pendant que Malec son employé se prépare des œufs sur la braise de la forge… Puis les outils qu’il apporte un à un à son patron sont happés par l’énorme aimant qui sert d’enseigne…
Buster Keaton alias Malec est, à l’écran, un bien piètre forgeron mais un formidable comédien. Multipliant les gaffes, il est irrésistible.

Jean-Philippe Isoletta ne résiste pas, développant son esthétique musicale en harmonie avec l’expressivité des corps en mouvement pour «faire parler» les personnages, mêlant composition et improvisation pour donner à l’image son relief sonore.

Vladislav Kozhukhin

Lundi 20 février 2012

Vladislav Kozhukhin
Franz-Joseph Haydn, Sonate N°13 en sol majeur Hob XVI.6
César Franck, Prélude, choral et fugue en si mineur M 21 (1884)
Franz Liszt, Scherzo et marche s 177 (1851)
Rodion Chtchedrine (1932) Première Sonate

Le programme du concert de Musée en musique du dimanche 4 décembre 2011 a été joué à l’auditorium du Louvre le 1er décembre 2011, il a été enregistré par France Musique qui le diffuse lundi 20 février à 14h, à réécouter ensuite pendant 30 jours sur la page du Concert de l’après-midi.

Brigitte Engerer

Jeudi 9 février 2012

Tchaïkovsky Album pour enfants op. 39
Liszt Bénédiction de Dieu dans la solitude
Schumann Carnaval op. 9
En bis : 3 pièces de Scriabine, le Rossignol d’Alabiev transcrit par Liszt, la fée Dragée de Tchaïkovski, la polka italienne de Rachmaninov et le nocturne posthume en do dièse mineur de Chopin.

D’où me vient, ô mon Dieu ! cette paix qui m’inonde ?
D’où me vient cette foi dont mon cœur surabonde ?
A moi qui tout à l’heure incertain, agité,
Et sur les flots du doute à tout vent ballotté,
Cherchais le bien, le vrai, dans les rêves des sages,
Et la paix dans des cœurs retentissants d’orages.
A peine sur mon front quelques jours ont glissé,
Il me semble qu’un siècle et qu’un monde ont passé;
Et que, séparé d’eux par un abîme immense,
Un nouvel homme en moi renaît et recommence.
Alphonse de Lamartine — Harmonies poétiques et religieuses

C’est une fille de 4 ans qui commence ses études musicales et grimpe sur scène à 6 ans pour donner son premier concert ; à 11 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle obtient à 15 ans un premier prix de piano, première nommée à l’unanimité, et devient l’année suivante lauréate du concours Marguerite Long. À 17 ans, c’est le grand saut vers l’inconnu : cette native de Tunis part étudier au Conservatoire de Moscou.
« Brigitte Engerer est l’une des pianistes les plus brillantes et les plus originales de sa génération. Son jeu se caractérise par son sens artistique, son esprit romantique, son ampleur. La perfection de sa technique, ainsi que par une science innée d’établir le contact avec l’auditoire. » Celui qui parle ainsi, Stanislas Neuhaus, a été son professeur pendant cinq ans. Les leçons de ce grand maître et magnifique pianiste la marqueront de façon indélébile et influenceront toute sa carrière et sa pensée musicale. Lauréate du Concours Tchaïkovski et du Concours Reine Elisabeth, elle est repérée en 1980 par Herbert von Karajan qui l’invite à jouer avec l’Orchestre Philarmonique de Berlin. À la suite de cela, Daniel Barenboïm la fait jouer avec l’Orchestre de Paris et Zubin Mehta avec le New York Philharmonic Orchestra. Commence alors une carrière internationale de tout premier plan avec des débuts éclatants à Berlin, Paris, Vienne, New York où elle triomphe au Carnegie Hall et sera invitée par les orchestres les plus renommés.
Mais Brigitte Engerer aime aussi partager et ne conçoit pas sa vie de pianiste sans la musique de chambre. Avec des partenaires comme Boris Berezovski, Olivier Charlier, Henri Demarquette, David Geringas, Alexander Kniazev, Gérard Caussé ou encore Laurence Equilbey, elle tisse des liens forts et si intimes que la musique entre eux semble jaillir spontanément, pour le plus grand bonheur du public, notamment lors du Festival Pianoscope qu’elle organise à Beauvais chaque mois d’octobre depuis 200ô.
Tout au long de sa carrière, elle a gravé nombres de disques dans de prestigieuses maisons de disques comme Philips (Carnaval op. 9 et Carnaval de Vienne de Schumann, Grand prix du Disque), Denon, Warner (L’invitation au Voyage avec Henri Demarquette, Choc du Monde de la Musique et Hymne à la nuit RTL d’Or.)
Une inlassable quête de la vérité musicale à laquelle elle apporte la somme de ses talents. Infaillibilité des doigts, instabilité des sentiments, entre ces deux pôles Brigitte Engerer joue les équilibristes. À la perfection : c’est une artiste.
Brigitte Engerer est Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier du Mérite et Commandeur des Arts et Lettres, membre-correspondant de l’Institut de France (Académie des Beaux-arts) et Victoire d’Honneur aux Victoires de la Musique Classique 2011.